Dudjom
Rinpoché : né dans la région de
Pemakö en 1904, il avait pour père le prince
de Kanam, Tulku Jampel Norbu, un descendant direct du
roi Trisong Détsèn (VIIIe siècle),
et pour mère Namgyel Drölma. La particularité
de sa naissance est qu'elle survint alors que Dudjom
Lingpa - celui dont il est l'incarnation - était
encore en vie ! Les instructions données par
ce dernier pour reconnaître son émanation
ne laissent aucune équivoque sur le" transfert
de conscience qui eut lieu au moment de sa mort (un
phénomène répertorié au
Tibet dans la panoplie des transmissions de l'esprit
d'un maître, à une autre enveloppe physique).
D'ailleurs, Dudjom Rinpotché connaissait ses
dix-sept incarnations précédentes, au
nombre desquelles figurent Shariputra (proche disciple
du Bouddha Shakyamuni), le Mahasiddha Saraha, Krsnadhara
(un ministre pratiquant du roi indien Indrabhuti), et
au Tibet, Khyéou Tchoung Lotsâva, l'un
des vingt-cinq disciples de Padmasambhava, Rongdzom
Pandita, l'un des premiers rédacteurs de la tradition
Nyingmapa et de nombreux découvreurs de trésors
spirituels (termas), dont Dudjom Lingpa, qui découvrit
les « nouveaux trésors » (tersar).
Il eut pour maîtres principaux Phüngong Tulku
Gyurmé Ngedön Wangpo, Jedrung Trinlé
Jampa Jungmé, Gyourmé Phendé Öser,
Namdröl Gyamtso de Mindröling, Guendüne
Gyamtso, et Khempo Aten.
En tant que découvreur de trésors, spirituels
cachés (vidyadhara, « détenteur
dans l'esprit »), il reçut, notamment dans
sa jeunesse, des transmissions directes de Guru Rinpoché,
Yeshé Tsogyal, et Manjushri. Il était
également réputé pour sa maîtrise
de l'ensemble des traditions bouddhistes tibétaines.
À l'âge de quatorze ans, il surprit tout
le monde en conférant la transmission de pouvoir
et la transmission orale complète du Rinchen
Terzod, collection complète des textes trésors
de la lignée Nyingmapa. Il composa de nombreuses
sadhanas (support de réalisation), et rédigea
les commentaires relatifs aux trésors spirituels
révélés par son prédécesseur
et lui-même. C'est à l'âge de dix-sept
ans qu'il composa le Dzogpa Chenpo (« Traité
de la Grande Perfection »). Sa renommée
en tant qu'érudit et maître de méditation
dépasse largement le Tibet. La simple publication
en Inde de ses oeuvres complètes et de la collection
des Préceptes transmis Nyingmapas, qu'il commença
de rédiger à l'âge de soixante-quatorze
ans, totalise quelque cinquante et un volumes... Il
fut également nommé chef suprême
de l'École Nyingmapa par S.S. le Dalaï Lama.
Sa Sainteté entra dans le paranirvana (moment
de la mort) le 17 janvier 1987, dans sa résidence
de Dordogne, accompagné de nombreux signes miraculeux
confirmant sa pleine réalisation, et renforçant
les liens spirituels établis entre l'Occident
et l'Orient.
Son corps embaumé est conservé dans un
stupa, à Bodnath au Népal. Dilgo Kyentsé
Rinpoché, puis Pénor Rinpoché lui
ont succédé à la tête de
l'école Nyingrnapa.
[...] Cette vivacité d'esprit pareille
au groin d'un cochon,
Si elle est acérée c'est bien, si elle est
émoussée c'est bien ;
Sans soulever vainement l'écume de la colère,
Puissions-nous pratiquer sincèrement le Dharma
suprême.
Ces expériences de Yogi pareilles à un torrent
d'été,
Si elles se gonflent c'est bien, si elle tarissent c'est
bien ;
Sans faire l'enfant qui court après un arc-en-ciel,
Puissions-nous pratiquer sincèrement le Dharma
suprême.
Ces pures visions semblables à des orages en montagne,
Si elles se fonnent c'est bien, si elles ne se fonnent
pas c'est bien ;
Sans accorder crédit à toutes ces expériences
trompeuses,
Puissions-nous pratiquer sincèrement le Dharma
suprême. [...] Dudjom Rinpoché,
La Quintessence des saints.
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